MISE EN DEMEURE

le cimetière saint-marc à quimper

On croirait entrer dans une rue.
La voie est large.
Elle ne se faufile pas entre les tombes comme un chemin de visite.
Elle se déroule sous les pas comme une chaussée.

D’abord, les stèles.
Derrière, les maisons.

L’ordre est inversé.

Ce ne sont pas les vivants qui regardent le cimetière depuis leurs fenêtres.
Ce sont les tombes qui occupent l’espace public.

Les croix se dressent comme des façades.
Les pierres comme des pignons.

Au fond, les habitations semblent provisoires.

La rue paraît traverser les morts
pour aller sonner chez les vivants.

Mais peut-être est-ce l’inverse.

Peut-être qu’ici
on part d’eux
pour entrer dans la ville.

Le cycle ne progresse pas.
Il se superpose.

La dernière habitation n’est pas derrière la ville.
Elle en constitue le seuil.